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	<title>Archives des Sharaf-ad-Dîn al-Busayrî - Baye Niass Rek</title>
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	<description>Aimer et Servir Cheikh Ibrahim Niass</description>
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	<title>Archives des Sharaf-ad-Dîn al-Busayrî - Baye Niass Rek</title>
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		<title>Al-Burda ou Le Manteau: Traduction française (3/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BAYE NIASS REK]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Sep 2024 14:32:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px;"><img width="400" height="590" src="https://bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" fetchpriority="high" srcset="https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?resize=203%2C300&amp;ssl=1 203w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></div>
<p>Sharaf-ad-Dîn al-Busayrî Al-Burda ou Le Manteau Ces nobles combattants, hérissés de leurs armes, ont un caractère de piété qui les distingue de leurs ennemis : Ainsi le rosier se distingue par ses épines, du bois de sélam qui n&#8217;est bon qu&#8217;à être la pâture du feu. Les vents qui t&#8217;apportent leur odeur, sont les garants [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px;"><img width="400" height="590" src="https://bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" srcset="https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?resize=203%2C300&amp;ssl=1 203w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></div>
<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">Sharaf-ad-Dîn al-Busayrî</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><em>Al-Burda ou Le Manteau</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces nobles combattants, hérissés de leurs armes, ont un caractère de piété qui les distingue de leurs ennemis : Ainsi le rosier se distingue par ses épines, du bois de sélam qui n&rsquo;est bon qu&rsquo;à être la pâture du feu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vents qui t&rsquo;apportent leur odeur, sont les garants d&rsquo;une victoire assurée : Chacun de ces guerriers, au milieu des armes qui le couvrent, semble une fleur au milieu de son calice. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Fixés sur le dos de leurs coursiers ; ils y demeurent aussi immobiles qu&rsquo;une plante qui a crû sur une colline : C’est la fermeté de leur cœur qui les attache, et non la solidité de leurs sangles. Leurs ennemis saisis d&rsquo;effroi, perdent l&rsquo;usage de la raison ; Ils ne sont plus capables de distinguer un troupeau de faibles agneaux, d&rsquo;un escadron de cavalerie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quiconque a pour appui l&rsquo;assistance de l&rsquo;apôtre de Dieu, Réduira au silence les lions mêmes dans les marais qui leur servent de retraite. Jamais vous ne verrez aucun de ses amis privé de la victoire, Ni aucun de ses ennemis qui ne soit vaincu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Il a assuré à son peuple, dans la forteresse de la religion, une demeure tranquille, Comme le lion habite sans crainte avec ses lionceaux dans des marais inaccessibles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Combien de disputeurs audacieux que, par le ministère de ce prophète, Les paroles de Dieu ont terrassés ? Combien d&rsquo;adversaires ont été subjugués par ses arguments victorieux ? Te faut-il un autre prodige qu&rsquo;une science si vaste dans un homme sans lettres, Au milieu des siècles de l&rsquo;ignorance, que tant de connaissances dans un orphelin ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi longtemps que le souffle des zéphyrs agitera les rameaux du ban ; aussi longtemps que les conducteurs des chameaux charmeront leurs fatigues par des chansons. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Fais la même grâce à ses descendants, à ses compagnons, et à ceux qui leur ont succédé,<br>À ces hommes distingués par leur piété, leur pureté, leur science,et la noblesse de leurs sentiments.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Notes </strong>:<br>[1] Voyez sur cet arbre les Oiseaux et les fleurs, p. 142 et suivants.<br>[2] C&rsquo;est-à-dire, j&rsquo;aurais noirci sa chevelure, afin que la couleur de ses cheveux blancs n&rsquo;ajoutât pas à l&rsquo;indignité de ma conduite un nouveau degré de honte et d&rsquo;opprobre.<br>[3] C&rsquo;est-à-dire de Muhammad. Le poème ne commence réellement qu&rsquo;ici. Tout ce qui précède ne sert que d&rsquo;introduction au véritable sujet.<br>[4] C&rsquo;est-à-dire: n&rsquo;attribue point à Muhammad la divinité; mais à<br>l&rsquo;exception de cela, dis de lui tout ce que tu voudras.<br>[5] Lac qui se dessécha, dit-on, à la naissance de Muhammad.<br>Voyez la vie de Muhammad, par Savary, p. 4.<br>[6] Allusion au verset 17 de la seconde sourate du Coran.<br>[7] Voyez la traduction du Coran, par Savary, tome II, p. 402.<br>[8] Voyez sur cette célèbre journée la vie de Muhammad, entête du<br>Coran, traduit par Savary, p. 49 et suivants.<br>[9] C&rsquo;est-à-dire pour en ôter la concupiscence et la source du péché,<br>ce que les Arabes nomment, la noirceur ou le grain du cœur.<br>[10] Voyez à ce sujet la vie de Muhammad, par Savary, p. 42.<br>[11] C’est-à-dire Muhammad et Abou-Bakr son beau-père.<br>[12] Voyez sur le voyage nocturne de Muhammad, l’Exposition de<br>la foi musulmane, p. 13.<br>[13] C&rsquo;est-à-dire les versets du Coran.<br>[14] Voyez la traduction de Berkevi, p. 6.<br>[15] Voyez le Coran, tome Ier, p. 216 et suiv.<br>[16] Prince impie qui voulait s&rsquo;attribuer la divinité. Muhammad en<br>parle dans le Coran, au chap. 89. Voyez la Biblioth. or. au mot<br>Iram.<br>[17] Voyez l&rsquo;Exposition de la foi musulmane, p. 19.<br>[18] Voyez sur ce pont l’Exposition de la foi musulmane, p. 18.<br>[19] C&rsquo;est-à-dire le tombeau, ou « Le plus excellent de ceux à qui<br>l&rsquo;on peut demander des faveurs ».<br>[20] Coran sur. LIII, v. 9.<br>[21] Ces mois sont au nombre de quatre, ce sont muharram, redjeb,<br>dzou’lkada et dzou’lhiddjeh, c&rsquo;est-à-dire le 1er, le 5e, le 7e et le 12 e<br>de l&rsquo;année.<br>[22] Lieux des victoires de Muhammad.<br>[23] Voyez la Chrestomathie arabe, tom. II, p. 331.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[24] Allusion à l&rsquo;écriture arabe dans laquelle la moitié environ des<br>lettres a un ou plusieurs points que les grammairiens nomment<br>diacritiques.<br>[25] Zohaïr est auteur d&rsquo;une des sept Mu’allaqât, célèbres poèmes,<br>ainsi nommés parce qu&rsquo;ils avaient été attachés par honneur à la<br>porte de la Kaaba. Voyez Zohari Carmen foribus templi<br>Meccaniappensum, publié par M. Rosenmüller, à Leipzig, en 1792.</p>
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		<title>Al-Burda ou Le Manteau: Traduction française (1/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BAYE NIASS REK]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Sep 2024 13:41:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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		<category><![CDATA[Le manteau]]></category>
		<category><![CDATA[Sharaf-ad-Dîn al-Busayrî]]></category>
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					<description><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px;"><img width="400" height="590" src="https://bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" srcset="https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?resize=203%2C300&amp;ssl=1 203w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></div>
<p>Sharaf-ad-Dîn al-Busayrî Al-Burda ou Le Manteau La Qaṣîda al-Burda, également connue sous l’appellation française « Poème du manteau » est une ode à la prière dédié au prophète Muhammad PSL qui a été composée par l&#8217;Imam Sharafu-Din Muhammad Ben Sa‘ïd Ben Hammâd Ben Muhsin Ben Sanhâdj Ben Hilâl Sanhâdji) (1212-1296) d’Égypte. Il est fondé sur [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px;"><img width="400" height="590" src="https://bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?resize=203%2C300&amp;ssl=1 203w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></div>
<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">Sharaf-ad-Dîn al-Busayrî</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><em>Al-Burda ou Le Manteau</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Qaṣîda al-Burda, également connue sous l’appellation française <strong>« Poème du manteau »</strong> est une ode à la prière dédié au <strong>prophète Muhammad PSL </strong>qui a été composée par l&rsquo;Imam <em>Sharafu-Din Muhammad Ben Sa‘ïd Ben Hammâd Ben Muhsin Ben Sanhâdj Ben Hilâl Sanhâdji)</em> (1212-1296) d’Égypte. Il est fondé sur le mode de la qasida classique de Kaâb ibn Zouhaïr qui l&rsquo;a composée à l&rsquo;aube de l&rsquo;Islam, comme une preuve de sa conversion. En échange de ce poème, le prophète Muhammad lui offrit sa Burda, ou manteau. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce poème fut, du vivant même de son auteur, considéré comme sacré, et occupe encore de nos jours une place particulière au sein de l&rsquo;Islam : ses vers sont portés en amulette, récités dans les lamentations pour les défunts, et interpolés par de nombreux autres poèmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Cheikh Sharafu-Din al-Busayri naquit, selon les uns, à Aboukir, aux environs de Dilâs, selon d’autres, le premier jour de chaouâl 608 (7 mars 1212). Vivant à Belbéis du métier de grammairien et de copiste, il fut le disciple du célèbre soufi Abou’l’Abbàs Ahmed al- Mursi et devint le plus illustre docteur « sunnite » de son époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il mourut dans les années 694-697 de l’hégire (1294-1298) et son tombeau fut placé près de celui de l’imâm Shaféi. Ses surnoms al- Dilâsi et al-Busayri sont quelquefois réunis sous le nom d’al- Dilasiri.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louange à Dieu</strong>, qui fit surgir du néant la création Et que Sa proximité soit d’avantage allouée à <strong>l’Elu </strong>dans l’antériorité Quel sujet fait couler de tes yeux des larmes mêlées de sang ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le souvenir des voisins que tu as laissés à Dû-Salem est-il la cause de tes pleurs ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce le vent qui, soufflant du côté de Kadhéma, les rappelle à ta mémoire Ou l&rsquo;éclair brillant au milieu de l&rsquo;obscurité, sur les hauteurs d&rsquo;Idham, découvre-t-il à tes regards le lieu qu&rsquo;ils habitent ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi tes yeux versent-ils des torrents d&rsquo;eau, lors même que tu leur ordonnes de retenir leurs larmes? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi ton cœur, au moment où tu lui dis : Reviens à toi, est-il dans une violente agitation ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Celui que l&rsquo;amour possède s&rsquo;imagine-t-il tenir cachée la passion qui l&rsquo;agite, Lorsque deux parties de lui-même trahissent son secret ; ses yeux qui fondent en pleurs, et son cœur que consume une flamme ardente ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah ! Si l&rsquo;amour n&rsquo;était la cause de ta peine, on ne te verrait pas verser des larmes sur les débris d&rsquo;une habitation abandonnée</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Le souvenir de ce ban [1] et de cette colline ne te ravirait pas le sommeil. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et comment pourrais-tu nier que tu sois en proie aux tourments de l&rsquo;amour Lorsque deux témoins irréprochables déposent contre toi, les pleurs que tu répands, et la maladie qui le consume. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque la violence de ta passion a écrit ta conviction sur tes joues En y traçant les deux lignes des pleurs et de la maigreur, et en leur imprimant les couleurs de la rose jaune et du bois d&rsquo;anem ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Oui, l&rsquo;ombre de ce que j&rsquo;aime est venue me ravir le sommeil Tel est l&rsquo;effet de l&rsquo;amour, il change nos plaisirs en cruels tourments.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">O toi qui me reproches la violence d&rsquo;un amour insurmontable, ma faiblesse est digne d&rsquo;excuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si tu étais équitable, tu m&rsquo;épargnerais tes réprimandes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Puissent les maux que j&rsquo;éprouve retomber sur toi ! Mon secret ne saurait échapper aux regards des délateurs, et le mal qui me mine n&rsquo;admet point de guérison. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Tu m&rsquo;as donné de sages avis, mais je n&rsquo;étais pas capable de les entendre Car celui que l&rsquo;amour domine est sourd à toutes les censures. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La vieillesse même aux cheveux blancs n&rsquo;a pas été à l&rsquo;abri de mes soupçons injurieux lorsqu’elle a voulu, par ses conseils, réformer ma conduite Et cependant est-il des conseils moins suspects que ceux que donne la vieillesse ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa folie, le penchant violent qui m&rsquo;entraîne vers le mal N’a point mis à profit les sages avertissements des cheveux blancs et de l&rsquo;âge décrépit. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Incapable d&rsquo;aucune bonne action Mon âme corrompue n&rsquo;a pas même offert un repas hospitalier à l&rsquo;hôte respectable qui était venu sans façon chercher l&rsquo;hospitalité près de moi. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah ! Si j&rsquo;eusse prévu que je ne lui rendrais pas les honneurs qui lui étaient dus J’aurais déguisé par le jus du katam son secret que j&rsquo;ai aperçu [2] </p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui ramènera de son égarement cette volonté rebelle et indomptable </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi que l&rsquo;on gouverne avec un frein le cheval le plus fougueux ! Ne te flatte pas d&rsquo;amortir la violence de ses passions, en t&rsquo;abandonnant aux actions criminelles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Telle la nourriture ne sert qu&rsquo;à augmenter la violence d&rsquo;un appétit déréglé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;âme est semblable à un tendre enfant : si on le laisse suivre son penchant Il conservera en grandissant l&rsquo;amour du lait maternel ; mais si on l&rsquo;en prive, il se sèvrera de cet aliment. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Détourne donc ton âme de l&rsquo;amour auquel elle se livre, garde-toi de souffrir qu&rsquo;il domine chez elle Car où l&rsquo;amour règne sans obstacle, il donne la mort, ou bien il couvre d&rsquo;ignominie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Veille sur elle au milieu de ses actions, ainsi qu&rsquo;un berger veille sur ses troupeaux au milieu des pâturages Et quand même le pâturage lui paraîtrait agréable, ne permets pas qu&rsquo;elle y paisse à son gré. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Combien d&rsquo;hommes l&rsquo;attrait de la concupiscence n&rsquo;a-t-il pas séduits, en leur présentant, sous une apparence favorable, des plaisirs qui leur ont donné la mort ! Ils ignoraient que le poison est caché dans les mets les plus délicats. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Crains également les pièges cachés de la faim et ceux de la satiété. Souvent une faim violente est pire encore que les maux qui suivent l&rsquo;excès de la nourriture. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Que tes yeux qui ont été remplis de crimes se purifient par des larmes abondantes Et ne quitte jamais l&rsquo;asile de la repentance. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Résiste à la concupiscence et à Satan, et sois rebelle à leurs suggestions Quand même ils te donneraient des conseils sages en apparence, tiens-les toujours pour suspects. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne leur obéis jamais, soit qu&rsquo;ils manifestent la malice d&rsquo;un ennemi, ou qu&rsquo;ils se couvrent des apparences d&rsquo;une impartiale justice Car tu connais les pièges que tendent et ces ennemis manifestes, et ces conciliateurs insidieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je demande pardon à mon Dieu de ce que mes discours ne sont point accompagnés d&rsquo;une conduite qui leur soit conforme. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon inconséquence est la même que si j&rsquo;attribuais une postérité à un homme que la nature aurait frappé de stérilité. Je t&rsquo;ai donné des leçons de vertu dont moi-même je n&rsquo;ai pas fait la règle de mes actions. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n&rsquo;ai point redressé ma conduite, m&rsquo;appartient-il de te dire : Redresse-toi ? J&rsquo;ai négligé d&rsquo;amasser avant la mort une provision de bonnes œuvres pour le temps de mon voyage. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n&rsquo;ai ajouté ni prières ni jeûnes à ceux dont l&rsquo;obligation est d&rsquo;une indispensable nécessité. </p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai criminellement omis de me conformer à l&rsquo;exemple de celui [3] qui vivifiait les nuits en les passant en prières, Jusque-là que ses pieds fatigués par la longueur de ses veilles en contractaient des tumeurs douloureuses ; Qui, épuisé par des jeûnes assidus, était obligé de serrer par des ligatures ses entrailles affamées, Et de comprimer avec des pierres la peau fine de ses flancs délicats. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des montagnes d&rsquo;or d&rsquo;une élévation prodigieuse ont sollicité l&rsquo;honneur de lui appartenir ; Mais il leur a fait voir quelque chose de bien plus élevé, par son mépris pour les biens de ce monde. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La nécessité qui le pressait ajoutait un nouveau mérite à son détachement ; Les suggestions du besoin ne purent triompher de son désintéressement. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Que dis-je ? Le besoin pouvait-il inspirer le désir des biens de ce mondé, À celui sans lequel le monde ne serait jamais sorti du néant?</p>
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