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	<title>Archives des Burda - Baye Niass Rek</title>
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	<description>Aimer et Servir Cheikh Ibrahim Niass</description>
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	<title>Archives des Burda - Baye Niass Rek</title>
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		<title>Al-Burda ou Le Manteau: Traduction française (3/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BAYE NIASS REK]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Sep 2024 14:32:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px;"><img width="400" height="590" src="https://bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" fetchpriority="high" srcset="https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?resize=203%2C300&amp;ssl=1 203w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></div>
<p>Sharaf-ad-Dîn al-Busayrî Al-Burda ou Le Manteau Ces nobles combattants, hérissés de leurs armes, ont un caractère de piété qui les distingue de leurs ennemis : Ainsi le rosier se distingue par ses épines, du bois de sélam qui n&#8217;est bon qu&#8217;à être la pâture du feu. Les vents qui t&#8217;apportent leur odeur, sont les garants [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px;"><img width="400" height="590" src="https://bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" srcset="https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?resize=203%2C300&amp;ssl=1 203w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></div>
<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">Sharaf-ad-Dîn al-Busayrî</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><em>Al-Burda ou Le Manteau</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces nobles combattants, hérissés de leurs armes, ont un caractère de piété qui les distingue de leurs ennemis : Ainsi le rosier se distingue par ses épines, du bois de sélam qui n&rsquo;est bon qu&rsquo;à être la pâture du feu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vents qui t&rsquo;apportent leur odeur, sont les garants d&rsquo;une victoire assurée : Chacun de ces guerriers, au milieu des armes qui le couvrent, semble une fleur au milieu de son calice. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Fixés sur le dos de leurs coursiers ; ils y demeurent aussi immobiles qu&rsquo;une plante qui a crû sur une colline : C’est la fermeté de leur cœur qui les attache, et non la solidité de leurs sangles. Leurs ennemis saisis d&rsquo;effroi, perdent l&rsquo;usage de la raison ; Ils ne sont plus capables de distinguer un troupeau de faibles agneaux, d&rsquo;un escadron de cavalerie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quiconque a pour appui l&rsquo;assistance de l&rsquo;apôtre de Dieu, Réduira au silence les lions mêmes dans les marais qui leur servent de retraite. Jamais vous ne verrez aucun de ses amis privé de la victoire, Ni aucun de ses ennemis qui ne soit vaincu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Il a assuré à son peuple, dans la forteresse de la religion, une demeure tranquille, Comme le lion habite sans crainte avec ses lionceaux dans des marais inaccessibles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Combien de disputeurs audacieux que, par le ministère de ce prophète, Les paroles de Dieu ont terrassés ? Combien d&rsquo;adversaires ont été subjugués par ses arguments victorieux ? Te faut-il un autre prodige qu&rsquo;une science si vaste dans un homme sans lettres, Au milieu des siècles de l&rsquo;ignorance, que tant de connaissances dans un orphelin ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi longtemps que le souffle des zéphyrs agitera les rameaux du ban ; aussi longtemps que les conducteurs des chameaux charmeront leurs fatigues par des chansons. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Fais la même grâce à ses descendants, à ses compagnons, et à ceux qui leur ont succédé,<br>À ces hommes distingués par leur piété, leur pureté, leur science,et la noblesse de leurs sentiments.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Notes </strong>:<br>[1] Voyez sur cet arbre les Oiseaux et les fleurs, p. 142 et suivants.<br>[2] C&rsquo;est-à-dire, j&rsquo;aurais noirci sa chevelure, afin que la couleur de ses cheveux blancs n&rsquo;ajoutât pas à l&rsquo;indignité de ma conduite un nouveau degré de honte et d&rsquo;opprobre.<br>[3] C&rsquo;est-à-dire de Muhammad. Le poème ne commence réellement qu&rsquo;ici. Tout ce qui précède ne sert que d&rsquo;introduction au véritable sujet.<br>[4] C&rsquo;est-à-dire: n&rsquo;attribue point à Muhammad la divinité; mais à<br>l&rsquo;exception de cela, dis de lui tout ce que tu voudras.<br>[5] Lac qui se dessécha, dit-on, à la naissance de Muhammad.<br>Voyez la vie de Muhammad, par Savary, p. 4.<br>[6] Allusion au verset 17 de la seconde sourate du Coran.<br>[7] Voyez la traduction du Coran, par Savary, tome II, p. 402.<br>[8] Voyez sur cette célèbre journée la vie de Muhammad, entête du<br>Coran, traduit par Savary, p. 49 et suivants.<br>[9] C&rsquo;est-à-dire pour en ôter la concupiscence et la source du péché,<br>ce que les Arabes nomment, la noirceur ou le grain du cœur.<br>[10] Voyez à ce sujet la vie de Muhammad, par Savary, p. 42.<br>[11] C’est-à-dire Muhammad et Abou-Bakr son beau-père.<br>[12] Voyez sur le voyage nocturne de Muhammad, l’Exposition de<br>la foi musulmane, p. 13.<br>[13] C&rsquo;est-à-dire les versets du Coran.<br>[14] Voyez la traduction de Berkevi, p. 6.<br>[15] Voyez le Coran, tome Ier, p. 216 et suiv.<br>[16] Prince impie qui voulait s&rsquo;attribuer la divinité. Muhammad en<br>parle dans le Coran, au chap. 89. Voyez la Biblioth. or. au mot<br>Iram.<br>[17] Voyez l&rsquo;Exposition de la foi musulmane, p. 19.<br>[18] Voyez sur ce pont l’Exposition de la foi musulmane, p. 18.<br>[19] C&rsquo;est-à-dire le tombeau, ou « Le plus excellent de ceux à qui<br>l&rsquo;on peut demander des faveurs ».<br>[20] Coran sur. LIII, v. 9.<br>[21] Ces mois sont au nombre de quatre, ce sont muharram, redjeb,<br>dzou’lkada et dzou’lhiddjeh, c&rsquo;est-à-dire le 1er, le 5e, le 7e et le 12 e<br>de l&rsquo;année.<br>[22] Lieux des victoires de Muhammad.<br>[23] Voyez la Chrestomathie arabe, tom. II, p. 331.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[24] Allusion à l&rsquo;écriture arabe dans laquelle la moitié environ des<br>lettres a un ou plusieurs points que les grammairiens nomment<br>diacritiques.<br>[25] Zohaïr est auteur d&rsquo;une des sept Mu’allaqât, célèbres poèmes,<br>ainsi nommés parce qu&rsquo;ils avaient été attachés par honneur à la<br>porte de la Kaaba. Voyez Zohari Carmen foribus templi<br>Meccaniappensum, publié par M. Rosenmüller, à Leipzig, en 1792.</p>
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		<title>Al-Burda ou Le Manteau: Traduction française (2/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BAYE NIASS REK]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Sep 2024 13:57:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Burda]]></category>
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					<description><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px;"><img width="400" height="590" src="https://bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" srcset="https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?resize=203%2C300&amp;ssl=1 203w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></div>
<p>Sharaf-ad-Dîn al-Busayrî Al-Burda ou Le Manteau MUHAMMAD (PSL) est le prince des deux mondes, des hommes et des génies, Le souverain des deux peuples, ceux qui parlent l’arabe et ceux qui parlent des langues différentes. Il est notre prophète, qui nous prescrit ce que nous devons faire, et nous défend ce que nous devons éviter. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px;"><img width="400" height="590" src="https://bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2024/09/Al-Burda.jpg?resize=203%2C300&amp;ssl=1 203w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></div>
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">Sharaf-ad-Dîn al-Busayrî</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><em>Al-Burda ou Le Manteau</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>MUHAMMAD (PSL) </strong>est le prince des deux mondes, des hommes et des génies, Le souverain des deux peuples, ceux qui parlent l’arabe et ceux qui parlent des langues différentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Il est notre prophète, qui nous prescrit ce que nous devons faire, et nous défend ce que nous devons éviter. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est le plus véridique de tous les hommes, soit qu&rsquo;il affirme, soit qu&rsquo;il nie. <strong>Il est l&rsquo;ami de Dieu</strong> ; il est celui dont l&rsquo;intercession est l&rsquo;unique fondement de notre espoir Et notre ressource contre les dangers les plus affreux. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a appelé les mortels à la connaissance de Dieu, et quiconque s&rsquo;attache à lui S’attache à une corde qui n&rsquo;est point sujette à se rompre. Il a surpassé tous les autres prophètes par l&rsquo;excellence de ses qualités extérieures et de ses qualités morales. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun d&rsquo;eux n&rsquo;approche de lui en science ni en vertu. Chacun d&rsquo;eux sollicite de l&rsquo;apôtre de Dieu une gorgée de la mer de sa science, Ou une goutte des pluies abondantes de sa vertu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils se tiennent près de lui dans le rang qui leur convient, N’étant en comparaison de sa science, et au prix de sa sagesse, que ce qu&rsquo;est un point ou un accent dans l&rsquo;écriture. C&rsquo;est lui qui est parfait par les qualités de son cœur et par les grâces de sa personne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le créateur des âmes l&rsquo;a choisi pour ami. Il ne partage avec aucun autre ses qualités incomparables ; Il possède toute entière et sans partage la substance même de l&rsquo;excellence. Laisse là ce que les chrétiens débitent faussement de leur prophète</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela seul excepté [4], use d&rsquo;une liberté sans bornes dans les éloges que tu donneras à Muhammad (PSL). Vante autant qu&rsquo;il te plaira l&rsquo;excellence de sa nature, Relève autant que tu le voudras l&rsquo;éminence de ses mérites ; Car l&rsquo;excellence de l&rsquo;apôtre de Dieu ne connaît point de bornes, Et il n&rsquo;est personne dont les paroles puissent dignement l&rsquo;exprimer. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la grandeur de ses miracles répondait à l&rsquo;éminence de son mérite, La seule invocation de son nom rendrait la vie aux ossements depuis longtemps desséchés. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Par l&rsquo;amour qu&rsquo;il nous a porté, il n&rsquo;a point voulu nous mettre à une épreuve dangereuse, en nous enseignant des choses auxquelles notre intelligence ne pût atteindre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n&rsquo;avons éprouvé ni doute ni soupçon sur la vérité de sa doctrine. Les hommes s&rsquo;efforceraient en vain de comprendre l&rsquo;excellence de ses qualités intérieures ; Il n&rsquo;en est aucun soit proche soit éloigné qui ne soit incapable d&rsquo;y atteindre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Tel le soleil vu de loin ne paraît pas dans sa véritable grandeur, Et, regardé de près, éblouit la vue. Et comment pourraient, en ce monde, atteindre à la connaissance parfaite de ce qu&rsquo;est ce grand prophète, Des mortels plongés dans le sommeil, qui se contentent des songes de leur imagination ? Tout ce qu&rsquo;on peut savoir de lui c&rsquo;est qu&rsquo;il est homme, Et la plus excellente des créatures de Dieu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les miracles qu&rsquo;ont faits les saints envoyés de Dieu, N’étaient qu&rsquo;une communication de la lumière de ce prophète.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est lui seul le soleil de l&rsquo;excellence, les autres ne sont que les planètes qui dépendent de ce soleil, Et qui réfléchissent ses rayons lumineux sur les mortels, au milieu des ténèbres. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à ce que ce soleil apparut dans l’univers Et sa lumière éclaira les mondes et revivifia tous les peuples Combien est digne d&rsquo;admiration la figure de ce prophète, dont les charmes sont relevés par ses qualités intérieures, Qui réunit toutes les grâces, qui a pour caractère distinctif la douceur et l&rsquo;aménité de ses traits. Il réunit à la beauté délicate d&rsquo;une fleur, la grandeur majestueuse de la lune. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa générosité est vaste comme la mer, ses desseins sont grands et fermes comme le temps. Lors même qu&rsquo;il est seul, la majesté de son visage rend son aspect aussi redoutable à ceux qui le rencontrent, Que s&rsquo;il avait autour de lui une armée et de nombreuses cohortes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On dirait que les organes qui produisent en lui la parole et le sourire, Sont des perles cachées au fond de la nacre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun parfum n&rsquo;égale l&rsquo;odeur suave de la terre qui couvre ses os; Heureux qui respire cette odeur, qui couvre cette terre de baisers! L&rsquo;instant même de sa naissance a fait connaître l&rsquo;excellence de son origine. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;ils sont précieux les premiers et les derniers moments de son existence ! En ce jour les Perses ont reconnu par des pronostics certains, L’annonce des malheurs et de la vengeance qui allaient tomber sur eux. Le portique de Chosroês renversé au milieu de la nuit annonça par sa chute la division</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui allait ruiner la famille des souverains de cet empire, sans aucun espoir de réunion. Le feu sacré, dans la douleur où le plongeait cet événement, vit s&rsquo;éteindre sa flamme, Et le fleuve, troublé par la frayeur, oublia sa source accoutumée. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sava [5] s&rsquo;affligea sur la disparition de ses eaux que la terre avait englouties, Et celui qui venait y étancher sa soif s&rsquo;en retourna, transporté de colère et d&rsquo;indignation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il semblait qu&rsquo;en ce jour la violence de l&rsquo;affliction eût transporté au feu l&rsquo;humidité naturelle à l&rsquo;élément aqueux, Et à l&rsquo;eau l&rsquo;ardeur desséchante du feu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors les génies poussèrent des hurlements, des lumières éclatantes s&rsquo;élevèrent et se répandirent dans l&rsquo;atmosphère, La vérité se manifesta par des signes muets et par des paroles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ils ont été aveugles et sourds [6] les impies : les annonces les plus claires des heureux événements qui allaient arriver, Ils ne les ont point entendues ; les signes les plus éclatants des maux dont le ciel les menaçait, ils n&rsquo;y ont point fait attention. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Après même que les peuples ont été avertis par leurs devins Que leurs religions erronées allaient, être détruites ; Après qu&rsquo;ils ont vu dans les cieux des flammes se détacher et se précipiter en bas, De même que sur la terre leurs idoles se renversaient. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Poursuivis par ces flammes, les démons prirent la fuite à l&rsquo;envi les uns des autres, Obligés d&rsquo;abandonner la route céleste par laquelle la révélation se communique aux mortels. A voir leur fuite précipitée, on eût dit, que c&rsquo;étaient les guerriers de l&rsquo;armée d’Abraha [7]</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ou les troupes infidèles mises en fuite par les cailloux que lancèrent sur elles les mains du Prophète à la journée de Badr [8] Lorsque ces cailloux, après avoir chanté les louanges de Dieu dans ses mains, furent lancés contre l&rsquo;ennemi, Semblables à Jonas jeté hors des entrailles du monstre qui l&rsquo;avait dévoré, après que, dans son sein, il avait invoqué le nom de Dieu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">A l&rsquo;ordre de Muhammad, les arbres sont venus se prosterner devant lui ; Sans pieds et portés seulement sur leur tige, ils s&rsquo;avançaient vers le Prophète. </p>



<p class="wp-block-paragraph">De même que le crayon trace sur le papier la ligne qui doit servir de règle à l&rsquo;écrivain, Ainsi leur tronc semblait en marchant décrire une ligne droite, sur laquelle leurs branches, en sillonnant la poussière, devaient tracer au milieu de la route une écriture merveilleuse. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Semblables dans leur obéissance à ce nuage officieux qui suivait l&rsquo;apôtre de Dieu en quelque endroit qu&rsquo;il portât ses pas, Pour le défendre des feux du soleil dans la plus grande chaleur du jour. J&rsquo;en jure par la lune qui, à son ordre, se fendit en deux ; le prodige qui s&rsquo;opéra alors sur cet astre, Est pareil à celui qui s&rsquo;était opéré sur le cœur du Prophète lorsque les anges l&rsquo;avaient ouvert pour le purifier [9] et cette ressemblance est si parfaite que l&rsquo;on peut légitimement l&rsquo;assurer avec serment. Les yeux des incrédules frappés d&rsquo;aveuglement N’ont point vu ce que la caverne renfermait de vertus et de mérites.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> [10] La justice même et l&rsquo;ami fidèle [11] étaient cachés dans la caverne sans que personne ne les aperçût, Et les impies disaient : Assurément il n&rsquo;y a personne dans cette caverne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ne s&rsquo;imaginaient pas que des colombes voltigeassent autour de la créature la plus excellente, Et qu&rsquo;une araignée la couvrit de sa toile. La protection de Dieu lui a tenu lieu de la cotte de mailles la plus épaisse, Et de la forteresse la plus inaccessible. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Jamais, dans les injustices que j&rsquo;ai éprouvées de la fortune, je n&rsquo;ai eu recours à l&rsquo;assistance de Muhammad, Que je n&rsquo;aie trouvé en lui un patron dont la protection est invincible. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Jamais je n&rsquo;ai désiré recevoir de sa main aucun bien temporel pu spirituel, Que cette main, la plus excellente que l’on puisse baiser, ne m&rsquo;ait accordé quelque don de sa libéralité. Ne fais aucune difficulté de reconnaître sa vision nocturne [12] pour une véritable révélation ; Car le cœur de ce Prophète ne dort pas, lors même que ses yeux sont fermés par le sommeil. Dès lors il avait atteint l&rsquo;âge parfait pour la mission prophétique, Et l&rsquo;on ne doit lui refuser aucun des avantages qui conviennent à l&rsquo;âge parfait. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses prodiges évidents, personne ne les ignore Sans eux la justice n&rsquo;aurait pas été établi parmi les hommes Combien de maladies a guéries le seul attouchement de sa main! Combien de malheureux elle a délivrés des mains de la folie ! Vivifiée par l&rsquo;efficacité de ses prières, l&rsquo;année de la plus grande sécheresse s&rsquo;est distinguée au milieu des temps de disette, Par une abondante fertilité, semblable à cette étoile blanche qui brille sur le front d&rsquo;un cheval, au milieu des crins noirs qui l&rsquo;environnent de toute part. Les nuages l&rsquo;ont fécondée par leurs eaux abondantes,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et l&rsquo;on eût dit que les vallées étaient devenues un bras de mer, ou des torrents échappés de leurs digues. Laisse-moi, que je chante les oracles [13] de ce Prophète, ils ont paru ces oracles avec un éclat, Pareil à celui que jettent, au milieu de la nuit et sur le sommet d&rsquo;une montagne, les feux qu&rsquo;allume une main généreuse pour attirer le voyageur dans sa demeure hospitalière. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La perle reçoit, il est vrai, quelque augmentation de beauté de la main habile qui l&#8217;emploie à former un collier ; Mais lors même qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas mise en œuvre, elle ne perd rien de son prix. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi je n&rsquo;espère pas de pouvoir atteindre dans mes chants L’excellence des vertus et des qualités naturelles de cet auguste envoyé du Très-Haut. Ces oracles, oracles de la vérité, émanés du Dieu de miséricorde, ont été produits dans le temps;[14] </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en tant qu&rsquo;ils sont un attribut de celui dont l&rsquo;essence est éternelle, ils sont eux-mêmes aussi anciens que l&rsquo;éternité, Sans qu&rsquo;on puisse leur assigner aucune époque ; ils nous instruisent cependant et de ce qui doit arriver au dernier jour, Et des événements des siècles d’Âd [15] et d&rsquo;Irem [16] Ils sont un miracle toujours existant près de nous, bien supérieurs en cela aux miracles Des autres prophètes dont l&rsquo;existence n&rsquo;a été que d&rsquo;un instant. Leur sens clair ne laisse aucun doute dont puissent abuser ceux qui se séparent de la vérité, Et il n&rsquo;est pas besoin d&rsquo;arbitre pour fixer leur signification. Jamais ils n&rsquo;ont éprouvé d&rsquo;attaque, Que l&rsquo;ennemi le plus envenimé n&rsquo;ait abandonné le combat pour leur faire des propositions de paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur sublime éloquence repousse toutes les entreprises de quiconque ose les attaquer, Comme un homme jaloux repousse la main téméraire qui veut attenter à l&rsquo;honneur de ses femmes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;abondance des sens qu&rsquo;ils renferment est pareille aux flots de la mer ; Ils surpassent en prix et en beauté les perles que recèle l&rsquo;Océan. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les merveilles qu&rsquo;on y découvre ne sauraient être comptées ; Quoiqu’on les relise souvent, jamais ils ne causent de dégoût. Ils répandent la joie et la vie sur les yeux de quiconque les lit : <em>Ô toi qui jouis de ce bonheur, tu as saisi une corde qui est Dieu même, garde-toi de la laisser échapper de tes mains</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si tu les lis pour y trouver un refuge contre les ardeurs du feu de l&rsquo;enfer, Les eaux fraîches du livre sacré éteindront les flammes infernales. Ainsi le bassin du Prophète [17] blanchira le visage des pécheurs, Fussent-ils noirs comme le charbon avant de se plonger dans ses eaux. Droits comme le pont Sirath [18] justes comme la balance dans laquelle seront pesées les œuvres des mortels, Eux seuls sont la règle et la source unique de toute justice parmi les hommes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne t&rsquo;étonne pas que l&rsquo;envieux méconnaisse leur mérite, Agissant ainsi en insensé, quoiqu&rsquo;il soit plein de discernement et d&rsquo;intelligence Ne vois-tu pas que l&rsquo;œil altéré méconnaît l&rsquo;éclat du soleil, Et que la bouche d&rsquo;un malade ne reconnaît plus la saveur de l&rsquo;eau? O toi, le plus excellent de tous ceux dont les indigents visitent la cour [19]</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vers lequel ils se rendent en foule soit à pied, soit sur le dos d&rsquo;un chameau dont les pieds impriment de profondes traces sur la poussière Toi, le plus grand de tous les prodiges pour l&rsquo;homme capable de réflexion, Le plus précieux bienfait de la divinité pour quiconque sait le mettre à profit ! En une seule nuit tu as été transporté du sanctuaire de la Mecque au sanctuaire de Jérusalem Ainsi la lune parcourt la voûte céleste au milieu des plus épaisses ténèbres. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Tu n&rsquo;as cessé de t&rsquo;élever jusqu&rsquo;à ce que tu aies atteint un degré auquel nul mortel ne saurait prétendre La longueur de deux arcs seulement te séparait de la divinité [20] Tous les prophètes, tous les envoyés de Dieu ont reconnu ta supériorité ; Ils t&rsquo;ont cédé le pas, comme le serviteur se tient derrière son maître. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Entouré de cette vénérable cohorte parmi laquelle tu paraissais comme le porte-enseigne, Tu as traversé l&rsquo;espace des sept cieux, Ne laissant devant toi aucune place plus proche de la divinité, Au-dessus de toi aucun degré plus élevé que celui où tu es parvenu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Tu as rendu tout autre rang vil et méprisable, En comparaison de celui que tu occupais lorsque Dieu lui-même t&rsquo;a appelé par ton nom, comme on appelle celui qui est distingué par son mérite, Et qu&rsquo;il t&rsquo;a invité à venir jouir de l&rsquo;union la plus inaccessible aux regards des mortels, Et de la vue du secret le plus impénétrable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tu as réuni toute sorte de gloire en ta personne, sans la partager avec qui que ce soit. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;est aucun lieu que tu n&rsquo;aies traversé, sans y trouver de concurrent. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sublime degré que celui auquel tu as été élevé ! Éminentes faveurs que celles dont tu as été comblé ! Disciples de l&rsquo;islamisme, que notre sort est heureux ! Nous avons, dans la protection de Dieu même, une ferme colonne que rien ne peut renverser. Celui qui nous a appelés au culte de Dieu a été déclaré par Dieu même le plus excellent des envoyés : <strong>Nous sommes donc aussi le plus excellent de tous les peuples. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La seule nouvelle de sa mission a jeté l&rsquo;épouvante dans le cœur de ses ennemis : Tel un troupeau d&rsquo;imbéciles brebis fuit en désordre au seul rugissement du lion. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Partout où il a repoussé leurs attaques, il les a laissés percés de ses lances et étendus sur le champ de bataille, Comme la viande sur l&rsquo;étal d&rsquo;un boucher. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La fuite a été l&rsquo;objet de leurs vœux, Ils portaient envie à ceux dont les membres déchirés étaient enlevés en l&rsquo;air par les aigles et les vautours. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les jours et les nuits se succédaient et s&rsquo;écoulaient sans que l&rsquo;effroi dont ils étaient saisis leur permit d&rsquo;en connaître le nombre, À l&rsquo;exception des mois sacrés où la guerre est suspendue [21] La religion était pour eux comme un hôte importun descendu dans leur demeure, Suivi d&rsquo;une foule de braves tous altérés du sang de leurs ennemis, Traînant après lui une mer de combattants montés sur d&rsquo;agiles coursiers,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une mer qui vomissait des flots de guerriers dont les rangs pressés se choquaient et se heurtaient à l&rsquo;envi, Tous dociles à la voix de Dieu, tous animés par l&rsquo;espoir de ses récompenses, Enflammés du désir d&rsquo;extirper et d&rsquo;anéantir l&rsquo;impiété. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La religion musulmane qui était d&rsquo;abord comme étrangère parmi eux, et l&rsquo;objet de leur mépris, est, pour ainsi dire, Devenue par l&rsquo;effet des armes victorieuses de ce grand Prophète, leur proche parente, et le plus cher objet de leur amour. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dieu a assuré pour toujours parmi eux le secours d&rsquo;un père et les soins attentifs d&rsquo;un époux à cette religion auguste ; Jamais elle n&rsquo;a éprouvé le triste sort de l&rsquo;orphelin, ou l&rsquo;abandon du veuvage. Ces défenseurs de la religion ont été aussi fermes et aussi inébranlables que des montagnes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Demande à leurs adversaires ce qu&rsquo;ils ont éprouvé de la part de ces braves dans chacun des lieux qui ont été le théâtre de leur courage. Interroge Honeïn, <strong>Badr et Ohod</strong> [22] Ces lieux où les ennemis de la religion ont succombé à un fléau mortel plus terrible que la peste. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les glaives de ces soutiens de l&rsquo;islamisme qui, avant le combat, étaient d&rsquo;une blancheur éclatante, Sont sortis rouges de l&rsquo;action, après s&rsquo;être abreuvés dans la gorge de leurs ennemis qu&rsquo;ombrageait une épaisse forêt de cheveux. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les flèches que distinguent des raies noires et dont Alkhatt [23] A armé leurs mains, ont tracé une écriture profonde sur les corps de leurs adversaires ; Leurs lances, ces plumes meurtrières, n&rsquo;ont laissé aucun corps exempt de leurs atteintes ; Aucune lettre n&rsquo;est demeurée sans point diacritique [24]</p>
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		<title>Mawlid – La Burda, pour l’amour du Prophète Muhammad</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BAYE NIASS REK]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Oct 2021 02:23:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px;"><img width="630" height="354" src="https://bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2021/10/59621443-43778271.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2021/10/59621443-43778271.jpg?w=630&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/bayeniasserek.com/wp-content/uploads/2021/10/59621443-43778271.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 630px) 100vw, 630px" /></div>
<p>En cette soirée bénie du&#160;Mawlid, convier la&#160;Burda&#160;semble incontournable. La&#160;burda&#160;(1) est un long poème (qasîda) à l’éloge du Prophète Muhammad composé par Al-Busîrî (2) (m. 1296), un soufi égyptien, élève d’Abu Al-‘Abbâs Al-Mûrsî, lui-même disciple de l’imam Al-Shâdhilî. Poète de renom (3) et calligraphe, Al-Busîrî écrivit cette œuvre alors qu’il souffrait d’une paralysie (à découvrir plus [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En cette soirée bénie du&nbsp;<a href="http://www.saphirnews.com/Reponse-a-ceux-et-celles-qui-disent-que-Mawlid-est-une-innovation-blamable-bid-a_a26753.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mawlid</a>, convier la&nbsp;<em>Burda</em>&nbsp;semble incontournable. La&nbsp;<em>burda</em>&nbsp;(1) est un long poème (<em>qasîda</em>) à l’éloge du Prophète Muhammad composé par Al-Busîrî (2) (m. 1296), un soufi égyptien, élève d’Abu Al-‘Abbâs Al-Mûrsî, lui-même disciple de l’imam Al-Shâdhilî. Poète de renom (3) et calligraphe, Al-Busîrî écrivit cette œuvre alors qu’il souffrait d’une paralysie (à découvrir plus bas).<br /><em>Pour l’amour du Prophète Muhammad, que Dieu lui accorde la grâce et la paix.</em></p>


<p class="wp-block-paragraph">Al-Busîrî raconte cette histoire lui-même :</p>


<p class="wp-block-paragraph">« Je fus atteint d’une hémiplégie. Je songeai alors à composer ce poème en l’honneur du Prophète (que Dieu lui accorde la grâce et la paix), et j’implorai Allah de m’accorder la guérison, puis commençai à réciter mon poème en pleurant. Sur ce, je m’endormis et je vis le Prophète en songe : il passa sa main bénie sur la partie de mon corps malade et jeta sur moi son manteau. Au réveil, je me trouvai guéri. Je sortis de chez moi sans rien en raconter à personne et rencontrai un homme pieux qui me dit :</p>


<p class="wp-block-paragraph"><em>– Je voudrais que tu me donnes le poème dans lequel tu louanges le Prophète.</em></p>


<p class="wp-block-paragraph"><em>– Quel poème ?</em>&nbsp;lui rétorquai-je.</p>


<p class="wp-block-paragraph"><em>– Celui que tu as composé durant ta maladie.</em></p>


<p class="wp-block-paragraph">Il m’en cita les premiers vers et me dit :&nbsp;<em>« Par Dieu, j’ai vu cette nuit en rêve une personne qui récitait ce poème au Prophète, qui s’inclina, à mon plus vif étonnement. Ensuite, je le vis couvrir le poète de ce manteau. »</em></p>


<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle se répandit, et c’est ainsi que le poème acquit au fil du temps, des années et des siècles une célébrité incomparable. Il fut surnommé <em>Al-Burda</em>. »</p>


<h2 class="wp-block-heading">Qu’est-ce que la « burda » ?</h2>


<p class="wp-block-paragraph">Le mot&nbsp;<em>burda</em>&nbsp;en arabe désigne un large manteau – ou cape – de laine destiné à protéger du froid (<em>al-bard</em>), et utilisé également comme couverture. Il évoque directement la personne du Prophète Muhammad – dont on dit que le manteau était d’origine yéménite – et prend alors une valeur toute symbolique.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Ce manteau est évoqué une première fois, lorsque le Prophète reçut la révélation coranique de l’Ange Gabriel. Il fut tellement effrayé par cet événement qu’il demanda qu’on le couvre de son manteau pour calmer les frissons qui le parcouraient :&nbsp;<em>« Zammilûnî ! Zammilûnî ! »</em>&nbsp;(Couvrez-moi ! Couvrez-moi). Dans le Coran, Dieu l’apostrophe ainsi :&nbsp;<em>« Yâ ayyuhâ al-muzammil »</em>&nbsp;(Ô toi qui t’enveloppe d’un manteau) et&nbsp;<em>« yâ ayyuhâ al-mudaththir »</em>&nbsp;(Ô toi qui te recouvre d’un manteau), en introduction de deux sourates consécutives : la 73, qui porte le titre&nbsp;<em>Al-Muzammil</em>&nbsp;(L’Enveloppé), précisément, et la 74, intitulée également&nbsp;<em>Al-mudaththir</em>&nbsp;(Celui recouvert d’un manteau).</p>


<p class="wp-block-paragraph">Il est fait une autre mention de ce manteau à propos du poète Ka’b inb Zuhayr (m. vers 645). Mécontent de savoir son frère devenu musulman, Ka‘b lança un vers injurieux à l’encontre du Prophète, qui réclama sa mort. Par la suite, le poète regrettant sa parole, gagna Médine pour se convertir et prier dans la mosquée. A la fin de la prière, il se présenta devant le Prophète et révéla son identité. Les Compagnons, furieux, voulurent lui faire payer son insolence, mais le Prophète s’y opposa. Pour se faire pardonner, Ka‘b déclama alors en son honneur un poème. (4) Celui-ci plut au Prophète, qui lui exprima son admiration en le revêtant de son manteau. (5)</p>


<p class="wp-block-paragraph">La <em>Burda</em> fut conservée avec soin par Ka‘b ibn Zuhayr. De relique sainte, elle devint par la suite un symbole de la transmission prophétique et de la légitimité du pouvoir. En effet, elle fut achetée par Mu‘âwiya, le premier calife omeyyade, puis passa entre les mains des Abassides. En 1258, lorsque les Mongols prirent Bagdad, le dernier calife abbaside s’enfuit avec la Burda et se réfugia au Caire où elle fut gardée par les Mamelouks. En 1517, le sultan ottoman Selim I la recueillit à Istanbul où elle se trouve toujours, précieusement conservée au musée de Topkapi.</p>


<h2 class="wp-block-heading">La Burda, une expression parfaite de l’amour que portent les musulmans envers la personne du Prophète</h2>


<p class="wp-block-paragraph">La&nbsp;<em>qasida</em>&nbsp;(poème) de la&nbsp;<em>Burda</em>&nbsp;est composé de 160 vers. Elle est construite sur un mode classique dans la plus pure tradition de la poésie arabe. Elle fourmille de métaphores, de jeux de mots et d’allitérations qui ont forcé l’admiration des auditeurs depuis sa création.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Elle est composée de dix parties dont les thèmes sont les suivants : la poésie amoureuse et ses complaintes (al-ghazal wa shaqwa al-gharâm), la mise en garde contre les errances de l’âme (<em>al-tahdhîr min hawâ al-nafs</em>), l’éloge du Prophète (<em>madh al-nabî</em>),&nbsp;<a href="https://www.saphirnews.com/Reponse-a-ceux-et-celles-qui-disent-que-Mawlid-est-une-innovation-blamable-bid-a_a26753.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sa naissance</a>&nbsp;(<em>mawlid</em>), ses miracles (<em>mu‘jiza</em>), l’éloge du Coran (<em>sharaf al-Qur‘ân wa madhuhu</em>),&nbsp;<a href="https://www.saphirnews.com/Le-Mi-raj-l-ascension-celeste-du-Prophete-Muhammad_a27893.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le voyage nocturne et l’ascension du Prophète</a>&nbsp;(<em>al-Isrâ’ wa al-Mi‘râj</em>),&nbsp;<a href="https://www.saphirnews.com/Video-La-Casa-del-Hikma-le-jihad-une-guerre-sainte_a26319.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le combat pour la cause de Dieu</a>&nbsp;(<em>al–jihad</em>), son intercession (<em>al-tawassul</em>), la supplication (<em>al-munâjât wa ‘ard al-hâjât</em>).</p>


<p class="wp-block-paragraph">Depuis des siècles, les nuits du&nbsp;<em>Mawlid</em>&nbsp;scande ses vers à travers le monde, dans les mosquées, les zawiya, les maisons, et aujourd’hui à la radio et la télévision. Elle fait l’objet de grandes récitations collectives, toutes solennelles et majestueuses, mais aussi de lectures plus intimes. En effet, nombreux sont ceux qui l’utilisent pour invoquer l’intercession du Prophète concernant des vœux de guérison, et ses vers se portent même en amulette. Par ailleurs, le&nbsp;<em>maqâm</em>&nbsp;d’Al-Busîrî à Alexandrie est un lieu vénéré qui ne désemplit jamais de récitants ni de visiteurs, souvent munis de béquilles. Le texte de la&nbsp;<em>qasida</em>&nbsp;est serti dans la frise de gypse azur qui orne les murs.</p>


<p class="wp-block-paragraph">La&nbsp;<em>Burda</em>&nbsp;est l’expression parfaite de l’amour que portent les musulmans envers la personne du Prophète Muhammad, sur lui la grâce et la paix. Elle en entretient la ferveur et, par cela, mène la communauté toute entière vers une destinée glorieuse, comme le laisse entrevoir ce hadith :</p>


<p class="wp-block-paragraph">Anas Ibn Malik rapporte ceci : « J’étais en compagnie du Prophète, et en sortant de la mosquée, nous tombâmes sur un homme qui se tenait là. Celui-ci interrogea le Prophète (sur lui la grâce et la paix) :</p>


<p class="wp-block-paragraph"><em>– Quand est-ce que la dernière Heure se manifestera-t-elle ?</em></p>


<p class="wp-block-paragraph"><em>– Et qu’as-tu donc préparé pour son avènement ?</em>&nbsp;lui rétorqua le Prophète.</p>


<p class="wp-block-paragraph"><em>– Je ne lui ai préparé ni prières, ni jeûnes, ni aumônes en abondance, mais j’aime Dieu et son Envoyé,</em>&nbsp;répondit l’homme, confus.</p>


<p class="wp-block-paragraph"><em>– Tu seras avec ceux que tu as aimés,</em>&nbsp;lui annonça le Prophète.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Et Anas conclut : nous n’avons jamais été aussi heureux auparavant – si ce n’est le jour de notre conversion à l’islam – comme en ce jour où le Prophète a dit&nbsp;<em>« Tu seras avec ceux que tu as aimés « </em>. En vérité, j’aime Dieu, son Envoyé, Abou Bakr et Omar, et j’espère être parmi eux, même si je n’ai pas accompli ce qu’ils ont accompli. » (Bukhari et Muslim)</p>


<p class="wp-block-paragraph">En fait, notre amour pour lui répond simplement à son amour pour nous. Selon un hadith rapporté par Ahmad, le Prophète a dit :</p>


<p class="wp-block-paragraph"><em>– J’aurais aimé rencontrer mes frères…</em></p>


<p class="wp-block-paragraph"><em>– Ne sommes-nous pas tes frères ?</em>&nbsp;interrogèrent les Compagnons.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Alors le Prophète répondit :</p>


<p class="wp-block-paragraph"><em>– Vous, vous êtes mes Compagnons, mais mes frères sont ceux qui ont cru en moi sans m’avoir vu</em>.</p>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nous sommes donc ses frères et ses sœurs, et il nous aime. Aimons-le en retour.</strong></p>


<p class="wp-block-paragraph">Voici une traduction d&rsquo;extraits du poème d’Al-Busîrî,&nbsp;<a href="https://consciencesoufie.com/poeme-a-leloge-du-prophete-muhammadal-burda-le-manteau/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Al-Burda, ici.</a></p>


<p class="wp-block-paragraph">*****<br />Néfissa Roty-Geoffroy est professeure certifiée d’arabe et enseignante-formatrice de français langue étrangère dans l’enseignement public secondaire à Strasbourg. Elle a une expérience variée en didactique des langues étrangères et en coordination de dispositifs d’enseignement. Elle est co-auteure du Grand livre des prénoms arabes et pratique le chant spirituel soufi (<em>samâ‘</em>). Première parution du texte sur le site de l’association&nbsp;<a href="https://consciencesoufie.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Conscience soufie.</a></p>


<p class="wp-block-paragraph">(1) Son véritable titre est&nbsp;<em>Al-Kawākib al-durriyya fī madh khayr al-barriyya</em>&nbsp;(<em>Les astres étincelants à la louange de la meilleure des créatures</em>).<br />(2) Son nom complet est Charîf ad-Din Muhammad Abû ‘Abd-Allah Ibn Sa‘îd.<br />(3) Al-Busîrî est également connu pour un autre de ses poèmes, la Hamziyya, composé lui aussi en l’honneur du Prophète et dont la rime constante est la lettre hamza.<br />(4) Poème fameux de 60 vers commençant par ses mots&nbsp;<em>« Bânat Su‘âd »</em>&nbsp;(Su‘âd a disparue).<br />(5) Récit cité dans&nbsp;<em>Kitâb al-aghânî</em>&nbsp;(<em>Le livre des chansons</em>) d’Abû Faraj Al-Isfahânî (m. 967)</p>
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